Récupérer après une grippe : protocole compléments pour retrouver énergie, appétit et muscle

Récupérer après une grippe : protocole compléments pour retrouver énergie, appétit et muscle

Après une grippe ou une infection respiratoire fébrile, il est fréquent de rester fatigué, sans appétit et avec une sensation de faiblesse musculaire pendant deux à trois semaines. Ce protocole rassemble les nutriments dont le besoin augmente réellement pendant et après une infection fébrile : protéines et leucine pour limiter la fonte musculaire, vitamine D si le statut est bas, zinc pour la récupération du goût et de l'immunité, fer uniquement en cas de carence documentée, magnésium et vitamines du groupe B pour le métabolisme énergétique. L'accent est mis sur la remise en route de l'alimentation, la reprise progressive de l'activité et le repérage des signaux qui doivent conduire à consulter.

Wilfried LAUNAY
Wilfried LAUNAY
Auteur
Niveau de preuve : Modéré · 🗓️ Mis à jour le 12 septembre 2026 · version 1.1
⚕️ Information, pas prescription. Ce protocole ne remplace pas une consultation médicale. Demandez l'avis d'un professionnel de santé, surtout en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.

Une grippe ou une infection respiratoire fébrile ne s'arrête pas à la disparition de la fièvre. Pendant l'épisode, l'organisme mobilise ses réserves : la dépense énergétique augmente, l'appétit chute, et une partie des acides aminés musculaires est détournée vers la réponse immunitaire. Résultat, beaucoup d'adultes se retrouvent à J+7 ou J+15 avec une fatigue persistante, une sensation de jambes molles, un goût émoussé et un poids en baisse. Ce n'est pas anormal, mais ce n'est pas non plus une fatalité à subir passivement. Ce protocole s'appuie sur un principe simple : la convalescence est d'abord une affaire d'apports alimentaires suffisants, en particulier en protéines, et de reprise progressive du mouvement. Les compléments n'ont d'intérêt que pour combler ce que l'alimentation ne couvre pas encore, ou pour corriger un déficit réellement présent. Les propositions qui suivent sont classées par niveau de preuve, avec des doses et des durées précises. Elles ne remplacent ni un diagnostic ni un avis médical, et une fatigue qui s'aggrave ou se prolonge au-delà de trois à quatre semaines doit conduire à consulter.

Pourquoi ce protocole ?

La convalescence post-infectieuse est une période mal couverte : les conseils disponibles se résument souvent à « reposez-vous » ou, à l'inverse, à des listes de compléments « boost immunité » conçues pour la prévention et non pour la récupération. Or les besoins ne sont pas les mêmes après l'infection que pendant. Ce protocole cherche à distinguer ce qui est réellement documenté pour la reprise de masse musculaire et d'énergie, ce qui dépend d'un statut biologique à vérifier (fer, vitamine D), et ce qui relève surtout du marketing. Il donne aussi les repères qui font défaut en pratique : combien de protéines par jour, à quel rythme reprendre l'activité, et quand s'inquiéter.

Pourquoi ces compléments ont été sélectionnés ?

La sélection repose sur trois critères. D'abord, la plausibilité du besoin : un épisode fébrile augmente le catabolisme protéique et la dépense énergétique de repos, ce qui justifie en priorité un apport protéique renforcé, associé au mouvement, seule combinaison dont l'effet sur la masse et la force musculaires soit solidement établi. Ensuite, la probabilité d'un déficit : le zinc, la vitamine D et le fer sont fréquemment insuffisants chez l'adulte français, et leur déficit se traduit par des symptômes qui recoupent exactement ceux de la convalescence (fatigue, altération du goût, faiblesse). Enfin, le rapport bénéfice/risque : nous avons privilégié des nutriments à marge de sécurité large, à doses physiologiques, en excluant volontairement le fer en supplémentation aveugle et les mégadoses d'antioxydants. Les plantes adaptogènes ne figurent qu'en option secondaire, avec un niveau de preuve explicitement modeste.

1

Protéines de lactosérum (whey)

Preuve Solide
FormePoudre de whey concentrée ou isolat, ou protéines de pois pour les intolérants au lactose
Dose20 à 30 g de protéines par prise, en complément d'un objectif alimentaire global de 1,2 à 1,6 g de protéines par kg de poids corporel et par jour
Fréquence1 à 2 prises par jour, en complément des repas et non à leur place
MomentEn collation entre les repas, ou dans l'heure suivant une séance de marche ou de renforcement musculaire
Durée2 à 4 semaines, jusqu'au retour d'un appétit et d'un poids normaux

Un épisode fébrile s'accompagne d'un catabolisme protéique musculaire accru et d'une baisse marquée des apports alimentaires : la combinaison des deux explique une bonne part de la faiblesse ressentie en convalescence. Les protéines de lactosérum sont riches en leucine, digestes et faciles à consommer quand l'appétit manque, ce qui en fait un moyen pratique d'atteindre un apport protéique suffisant sans volume alimentaire important. Les données montrent qu'une supplémentation protéique augmente le gain de masse et de force musculaires lorsqu'elle est associée à un exercice contre résistance ; sans reprise d'activité, l'effet reste limité. Le point clé est donc l'association protéines + mouvement progressif, pas la poudre seule. Le niveau de preuve est solide sur la population générale et chez le sujet âgé, plus indirect sur la convalescence post-grippale spécifiquement.

Voir un produit recommandé pour Protéines de lactosérum (whey)

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

2

Vitamine D3 (cholécalciférol)

Preuve Modéré
FormeCholécalciférol en gouttes huileuses ou capsules
Dose1000 à 2000 UI par jour ; en cas de déficit confirmé par dosage, schéma de correction défini par le médecin
Fréquence1 fois par jour, ou dose hebdomadaire équivalente
MomentAu cours d'un repas contenant des lipides, pour améliorer l'absorption
DuréeCure de 2 à 3 mois, particulièrement d'octobre à avril

Le déficit en vitamine D est fréquent en hiver, période où surviennent justement les infections respiratoires. Une méta-analyse de données individuelles a montré qu'une supplémentation quotidienne ou hebdomadaire, à doses modérées, était associée à une réduction du risque d'infection respiratoire aiguë, avec un bénéfice concentré chez les personnes initialement carencées. Pour la convalescence, l'intérêt est double : soutenir le fonctionnement normal du système immunitaire et contribuer au maintien d'une fonction musculaire normale, deux allégations reconnues. Les effets sur la force musculaire sont surtout documentés chez les sujets carencés ou âgés, et restent modestes chez l'adulte au statut correct. Un dosage sanguin de la 25(OH)D permet d'ajuster la dose plutôt que de supplémenter à l'aveugle ; les bolus massifs peu fréquents ne sont pas recommandés.

Voir un produit recommandé pour Vitamine D3 (cholécalciférol)

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

3

Zinc

Preuve Modéré
FormeBisglycinate, gluconate ou citrate de zinc
Dose10 à 15 mg de zinc élément par jour
Fréquence1 fois par jour
MomentAu cours d'un repas pour limiter les nausées, à distance d'une éventuelle supplémentation en fer ou en calcium
Durée4 à 8 semaines maximum, sans dépasser 25 mg par jour au total sur une période prolongée

Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, au métabolisme des macronutriments et à la synthèse protéique, et il intervient dans la perception normale du goût. Ces trois points recoupent des plaintes typiques de convalescence : fatigue, aliments fades, appétit en berne. Les essais sur le zinc concernent surtout le raccourcissement de la durée du rhume en phase aiguë, avec des résultats hétérogènes ; l'extrapolation à la période de récupération reste donc indirecte. L'intérêt principal ici est de corriger un apport insuffisant, fréquent chez les personnes ayant peu mangé pendant plusieurs jours, chez les végétariens et chez les seniors. Il faut respecter les doses : au-delà de 40 mg par jour au long cours, le zinc perturbe l'absorption du cuivre et peut devenir contre-productif.

Voir un produit recommandé pour Zinc

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

4

Magnésium

Preuve Faible
FormeBisglycinate, citrate ou malate de magnésium (éviter l'oxyde, mal absorbé et laxatif)
Dose200 à 300 mg de magnésium élément par jour
Fréquence1 à 2 prises par jour
MomentDe préférence au repas du soir, ce qui améliore la tolérance digestive
Durée4 à 8 semaines

Le magnésium contribue à un métabolisme énergétique normal, à une fonction musculaire normale et à la réduction de la fatigue, allégations validées au niveau européen. Après plusieurs jours de fièvre, de transpiration abondante et d'alimentation réduite, un apport insuffisant est plausible, d'autant que les apports moyens de la population française sont souvent en deçà des références. Attention toutefois à ne pas surinterpréter : la supplémentation en magnésium n'améliore la fatigue de façon nette que chez les personnes dont le statut est réellement bas, et les essais chez le sujet non carencé sont peu concluants. Le bisglycinate et le citrate sont privilégiés pour leur meilleure tolérance digestive, un point non négligeable quand le transit est encore perturbé.

Voir un produit recommandé pour Magnésium

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

5

Complexe de vitamines B (dont B1, B6, B9, B12)

Preuve Faible
FormeComplexe B à doses physiologiques, idéalement avec folates sous forme de méthylfolate et B12 sous forme de méthylcobalamine
DoseUn complexe apportant environ 100 à 200 % des valeurs nutritionnelles de référence, sans mégadoses
Fréquence1 fois par jour
MomentLe matin au petit-déjeuner
Durée4 à 6 semaines

Les vitamines du groupe B sont des cofacteurs directs du métabolisme énergétique cellulaire : la thiamine (B1), la riboflavine (B2), la niacine (B3), la B6, la B9 et la B12 contribuent toutes à un métabolisme énergétique normal et à la réduction de la fatigue selon les allégations autorisées. Après une période d'alimentation très réduite, un apport de sécurité est cohérent, d'autant que ces vitamines hydrosolubles ne sont pas stockées durablement, hormis la B12. Il faut rester honnête sur la portée : chez une personne correctement nourrie, l'ajout d'un complexe B n'augmente pas l'énergie et ne constitue pas un stimulant. Son intérêt est correctif, pas dopant. Éviter les fortes doses de B6 au long cours, qui exposent à des neuropathies, et privilégier les formules à doses proches des références nutritionnelles.

Voir un produit recommandé pour Complexe de vitamines B (dont B1, B6, B9, B12)

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

6

Fer (uniquement si carence documentée)

Preuve Modéré
FormeBisglycinate de fer ou sulfate ferreux, selon prescription
DoseDose définie par le médecin après dosage de la ferritine ; en pratique courante 14 à 30 mg de fer élément par jour, parfois en prise un jour sur deux
Fréquence1 fois par jour ou un jour sur deux selon le schéma retenu
MomentÀ distance des repas si toléré, avec une source de vitamine C, jamais en même temps que thé, café, calcium ou zinc
DuréeSelon prescription et contrôle biologique, généralement plusieurs mois

La carence martiale est une cause fréquente et réversible de fatigue, en particulier chez la femme non ménopausée. Des essais randomisés ont montré qu'une supplémentation en fer réduisait la fatigue chez les femmes fatiguées non anémiques mais à ferritine basse. Attention cependant à un point important : l'inflammation liée à une infection récente augmente artificiellement la ferritine et abaisse le fer sérique, ce qui rend l'interprétation d'un bilan réalisé trop tôt peu fiable. Il est donc conseillé d'attendre deux à quatre semaines après la fin de l'épisode fébrile et d'associer un dosage de la CRP. Le fer ne doit jamais être pris en automédication prolongée : un excès favorise le stress oxydatif, les troubles digestifs et peut être dangereux en cas d'hémochromatose méconnue. C'est le seul élément de ce protocole qui suppose un dosage sanguin préalable.

Voir un produit recommandé pour Fer (uniquement si carence documentée)

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

7

Créatine monohydrate (option pour la reprise musculaire)

Preuve Modéré
FormeCréatine monohydrate micronisée, label Creapure ou équivalent
Dose3 g par jour, sans phase de charge
Fréquence1 fois par jour
MomentÀ n'importe quel moment de la journée, idéalement avec un repas ou après la séance
Durée4 à 8 semaines, en accompagnement d'une reprise de l'activité physique

La créatine est l'un des compléments les mieux documentés pour améliorer la force et la masse maigre lorsqu'elle est associée à un entraînement contre résistance. Dans un contexte de convalescence avec perte musculaire et reprise progressive du mouvement, elle peut constituer un appui utile, notamment chez les personnes ayant beaucoup diminué leur activité. Les données de sécurité sont rassurantes à 3 à 5 g par jour chez l'adulte sain, y compris sur plusieurs mois. Deux nuances honnêtes : les essais concernent des sportifs ou des seniors, pas spécifiquement des convalescents post-grippe, et l'effet est nul sans reprise d'exercice. Une prise de poids de un à deux kilos liée à la rétention d'eau intramusculaire est attendue et sans gravité. À éviter en cas d'insuffisance rénale ou de pathologie rénale connue.

Voir un produit recommandé pour Créatine monohydrate (option pour la reprise musculaire)

Profitez de 10 % de réduction sur votre commande avec le code :

Compléments populaires écartés (et pourquoi)

Vitamine C à haute dose (1 à 3 g par jour)

Les méta-analyses montrent un effet tout au plus marginal sur la durée des symptômes du rhume chez l'adulte de la population générale, et rien de probant sur la récupération musculaire ou l'appétit après l'épisode. Des doses élevées prolongées augmentent le risque de troubles digestifs et de lithiase oxalique. Un apport alimentaire normal, via fruits et légumes, suffit dans ce contexte.

Échinacée

Son usage relève de la prévention ou de la phase aiguë des infections des voies respiratoires, avec des résultats hétérogènes selon les extraits. Elle n'a pas d'intérêt démontré pour la récupération de l'énergie, de l'appétit ou de la masse musculaire après l'épisode, et son intérêt est donc hors sujet ici.

Ginseng et compléments « énergisants » à base de plantes

Les données sur la fatigue restent limitées, avec des essais souvent courts, hétérogènes et de faible effectif. Surtout, le ginseng présente des interactions potentielles avec les anticoagulants et les antidiabétiques, et peut perturber le sommeil, ce qui est contre-productif en convalescence où le repos est central.

Multivitamines fortement dosées et cocktails antioxydants

Les mégadoses d'antioxydants (vitamine E, bêta-carotène) n'apportent pas de bénéfice démontré en convalescence et peuvent même atténuer certaines adaptations à l'exercice. Un complexe à doses physiologiques est préférable à une formule surdosée à visée marketing.

Fer en automédication sans bilan sanguin

Fréquemment pris « pour la fatigue », il expose à une surcharge chez les personnes non carencées, à des troubles digestifs marqués et à des résultats de bilan ininterprétables. L'inflammation post-infectieuse fausse par ailleurs la ferritine pendant plusieurs semaines : la supplémentation à l'aveugle est ici particulièrement risquée.

Pour qui ce protocole n'est PAS adapté

  • Personnes encore en phase aiguë, avec fièvre persistante, essoufflement au repos, douleur thoracique ou toux s'aggravant : une consultation médicale est prioritaire sur toute supplémentation.
  • Femmes enceintes ou allaitantes, pour lesquelles les doses de zinc, de vitamine D et de créatine doivent être validées individuellement par un professionnel de santé.
  • Personnes atteintes d'insuffisance rénale ou hépatique, chez qui la créatine, le magnésium et les doses élevées de minéraux nécessitent un avis médical préalable.
  • Personnes sous traitement immunosuppresseur, chimiothérapie, anticoagulants ou corticothérapie au long cours, en raison d'interactions et d'un contexte de récupération spécifique.
  • Personnes souffrant d'hémochromatose, de polyglobulie ou de toute surcharge en fer connue, pour lesquelles la supplémentation martiale est formellement contre-indiquée.
  • Adultes dont la fatigue, l'amaigrissement ou la faiblesse persistent au-delà de quatre à six semaines : il s'agit alors d'une situation à explorer médicalement, pas d'un simple besoin de compléments.
  • Personnes attendant un effet immédiat de type stimulant : ce protocole soutient une récupération progressive, il ne remplace ni le sommeil, ni l'alimentation, ni la reprise du mouvement.
Points d'attention
  • Ce contenu est informatif et ne constitue ni un diagnostic ni un traitement. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien, en particulier en cas de pathologie chronique ou de traitement en cours.
  • Le fer ne doit être pris qu'après dosage de la ferritine associée à la CRP, et de préférence à distance de l'épisode infectieux, l'inflammation faussant l'interprétation pendant plusieurs semaines.
  • Le zinc interfère avec l'absorption du cuivre au-delà de 40 mg par jour au long cours, et avec celle de certains antibiotiques (cyclines, quinolones) : espacer les prises d'au moins deux heures.
  • Le magnésium peut réduire l'absorption de certains médicaments (biphosphonates, hormones thyroïdiennes, antibiotiques) : respecter un intervalle de deux à quatre heures.
  • Ne pas dépasser 4000 UI par jour de vitamine D sans suivi biologique ; prudence en cas de sarcoïdose, d'hypercalcémie ou de lithiase calcique.
  • La créatine est déconseillée en cas d'atteinte rénale connue et peut entraîner une prise de poids d'un à deux kilos liée à la rétention d'eau intramusculaire.
  • Doses élevées de vitamine B6 (au-delà de 25 mg par jour au long cours) à éviter : risque de neuropathie périphérique.
  • La reprise sportive doit être progressive. En cas de douleur thoracique, de palpitations ou d'essoufflement inhabituel à l'effort après une infection fébrile, arrêter l'activité et consulter sans délai, une atteinte cardiaque post-virale devant être écartée.
  • Une fièvre qui réapparaît, une toux productive persistante, un amaigrissement rapide ou des sueurs nocturnes ne relèvent pas d'une simple convalescence et imposent un avis médical.
  • Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée : la priorité reste de remanger normalement, en fractionnant les repas si l'appétit reste faible.

Questions fréquentes

Combien de temps dure normalement la fatigue après une grippe ?

Chez l'adulte en bonne santé, la fatigue s'estompe généralement en une à trois semaines après la disparition de la fièvre, avec une amélioration nette et progressive. Une fatigue qui stagne ou s'aggrave au-delà de quatre à six semaines, ou qui s'accompagne d'essoufflement, de fièvre récurrente ou d'un amaigrissement, justifie une consultation médicale pour rechercher une autre cause.

Faut-il forcer à manger quand l'appétit n'est pas revenu ?

Plutôt que de forcer sur de gros repas, il est souvent plus efficace de fractionner en cinq à six petites prises par jour et de privilégier la densité nutritionnelle : oeufs, poisson, laitages, légumineuses, oléagineux, soupes enrichies. Un shaker de protéines en collation peut aider à atteindre l'apport recommandé de 1,2 à 1,6 g par kilo et par jour sans volume alimentaire important. L'appétit revient généralement en quelques jours à mesure que l'activité reprend.

Quand puis-je reprendre le sport après une grippe ?

La règle pratique la plus souvent citée est d'attendre au moins 48 heures sans fièvre avant toute reprise, puis de recommencer à faible intensité, autour de 50 % de l'habitude, en augmentant progressivement sur une à deux semaines. Tout signe cardiaque ou respiratoire inhabituel à l'effort (douleur thoracique, palpitations, essoufflement disproportionné) impose d'arrêter et de consulter.

Le manque de goût qui persiste est-il lié à une carence en zinc ?

Le zinc intervient dans la perception normale du goût et un déficit peut effectivement l'altérer, mais après une infection respiratoire, la perte de goût ou d'odorat est le plus souvent liée à l'inflammation de la muqueuse nasale et régresse spontanément en quelques semaines. Une supplémentation en zinc à dose physiologique est raisonnable si les apports alimentaires ont été faibles, sans garantie d'accélérer la récupération. Une perte persistante au-delà de deux à trois mois mérite un avis ORL.

Peut-on prendre tous ces compléments en même temps ?

Pas nécessairement, et ce n'est pas l'objectif. La base utile pour la plupart des gens se limite aux protéines associées à une reprise de mouvement, plus la vitamine D en période hivernale. Le zinc, le magnésium et le complexe B se justifient si l'alimentation a été très réduite. Le fer suppose un dosage, et la créatine ne s'envisage que si vous reprenez une activité de renforcement. En cas de doute ou de traitement en cours, demandez conseil à votre pharmacien.

J'ai perdu trois kilos pendant l'épisode, est-ce du muscle ?

Une partie de cette perte correspond à de l'eau et au contenu digestif, mais une fraction est bien de la masse maigre, surtout après plusieurs jours de fièvre et d'alitement. La récupération de cette masse musculaire demande deux leviers simultanés : un apport protéique suffisant et une stimulation mécanique via la marche puis le renforcement. Le poids revient généralement plus vite que la force, ce qui est normal.

Pourquoi suis-je aussi faible alors que la fièvre est partie ?

Parce que la faiblesse n'est pas causée par le virus mais par ce que l'organisme a dépensé pour le combattre. Pendant un épisode fébrile, la dépense énergétique de repos augmente et une partie des acides aminés du muscle est mobilisée vers la réponse immunitaire, au moment précis où l'appétit s'effondre et où l'on cesse de bouger. Trois mécanismes se cumulent donc, et le repos seul n'en corrige aucun : c'est la reprise des apports protéiques et du mouvement qui inverse la tendance.

Faut-il prendre du fer parce qu'on se sent fatigué après une grippe ?

Non, pas sans dosage, et c'est l'erreur la plus coûteuse de cette période. L'inflammation liée à une infection récente augmente artificiellement la ferritine et abaisse le fer sérique : un bilan réalisé trop tôt est ininterprétable et peut aussi bien masquer une vraie carence que faire croire à un statut correct. Attendez deux à quatre semaines après la fin de la fièvre, et demandez une ferritine accompagnée d'une CRP. Une supplémentation à l'aveugle expose à une surcharge, à des troubles digestifs, et peut être dangereuse en cas d'hémochromatose méconnue.

Quelle différence entre convalescence normale et fatigue post-virale ?

La convalescence suit une pente ascendante : chaque semaine est un peu meilleure que la précédente, et tout rentre dans l'ordre en une à trois semaines. La fatigue post-virale, elle, stagne ou fluctue sans progression nette au-delà de six semaines, et s'accompagne souvent d'un épuisement disproportionné après un effort modéré, parfois décalé de 24 à 48 heures. Ce second tableau ne relève plus de ce protocole : il justifie un avis médical, car forcer la reprise d'activité peut y être contre-productif.

Que manger en priorité pour reprendre des forces ?

Les protéines passent avant tout le reste, avec une cible de 1,2 à 1,6 g par kilo de poids et par jour, répartie sur la journée plutôt que concentrée le soir : environ 25 à 30 g par repas suffisent à déclencher la synthèse musculaire. Concrètement, deux oeufs, un yaourt grec, une portion de poisson ou de légumineuses à chaque prise. Quand l'appétit reste faible, les formes liquides et enrichies passent mieux que les assiettes volumineuses : soupes avec du lait ou des légumineuses mixées, laitages, shaker en collation.

Ne ratez aucun nouveau protocole

Recevez un récap' des futurs protocoles, 1 email le week-end seulement. Pas d'inscription à une newsletter, adresse confidentielle, désinscription en 1 clic.

Sources scientifiques

  1. Magnesium Status and Stress: The Vicious Circle Concept Revisited, Pickering G, et al. (2020) · consulter
  2. A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength, Morton RW, et al. (2018) · consulter
  3. The effects of vitamin B on the immune/cytokine network and their involvement in depression, Mikkelsen K, Stojanovska L, Prakash M, et al. (2017) · consulter
  4. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: systematic review and meta-analysis of individual participant data, Martineau AR, et al. (2017) · consulter
  5. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine, Kreider RB, et al. (2017) · consulter
  6. Iron deficiency anaemia, Lopez A, Cacoub P, Macdougall IC, et al. (2016) · consulter
  7. B Vitamins and the Brain: Mechanisms, Dose and Efficacy--A Review, Kennedy DO (2016) · consulter
  8. Effect of iron supplementation on fatigue in nonanemic menstruating women with low ferritin: a randomized controlled trial, Vaucher P, Druais PL, Waldvogel S, et al. (2012) · consulter
  9. Protein supplementation augments the adaptive response of skeletal muscle to resistance-type exercise training: a meta-analysis, Cermak NM, Res PT, de Groot LC, Saris WH, van Loon LJ (2012) · consulter
  10. Effects of creatine supplementation and resistance training on muscle strength and weightlifting performance, Rawson ES, Volek JS (2003) · consulter
  11. Zinc for the common cold, Marshall I (2000) · consulter

Pour aller plus loin

À propos de l'auteur

Wilfried LAUNAY
Wilfried LAUNAY
Coach en nutrition et santé préventive
Hormonologie fonctionnelle · Nutrition anti-inflammatoire · 12 ans d'expérience
Wilfried LAUNAY est analyste scientifique indépendant, expert en nutrition et santé préventive, spécialisé en hormonologie fonctionnelle et en alimentation anti-inflammatoire.

Fort de plus de 12 ans d’expérience dans l’accompagnement et la vulgarisation scientifique, il aide les personnes souffrant d’inflammation chronique à adopter une approche naturelle, holistique et fondée sur les preuves scientifiques. Ses travaux portent particulièrement sur l’inflammation, le vieillissement et l’optimisation de la longévité.

Auteur du best-seller " Le Guide Complet de l'Alimentation Anti-Inflammatoire (Thierry Souccar Éditions) " et de " Ma Cuisine Express Anti-Inflammatoire (Thierry Souccar Éditions) ", il s’est formé en hormonologie fonctionnelle (DFM Formations) afin d’intégrer les principes de la nutrition fonctionnelle à la prise en charge des déséquilibres hormonaux, inflammatoires et métaboliques.

Il anime la chaîne YouTube " BMoove - La Chaîne Santé " (380 000 abonnés et 33 millions de vues) et intervient régulièrement comme conférencier et expert invité dans des podcasts et événements dédiés à la santé nutritionnelle et la longévité.
Inflammation chroniqueNutrition anti-inflammatoireHormonologie fonctionnelleLongévitéSanté préventive