Vol long-courrier de plus de 8 h : protocole compléments contre jambes gonflées, déshydratation, constipation et fatigue

Vol long-courrier de plus de 8 h : protocole compléments contre jambes gonflées, déshydratation, constipation et fatigue

Un vol de plus de 8 heures en classe économique combine immobilité prolongée, air de cabine très sec, pression réduite, repas décalés et perte de repères horaires. Résultat fréquent : chevilles et mollets gonflés, bouche sèche, transit bloqué pendant 2 à 3 jours et fatigue persistante à l'arrivée. Ce protocole associe des mesures non négociables (mobilisation, hydratation, bas de compression) à quelques compléments dont l'intérêt est documenté : la mélatonine à faible dose pour recaler l'horloge interne, l'extrait d'écorce de pin maritime (Pycnogénol) et les veinotoniques (escine du marron d'Inde, fraction flavonoïque diosmine-hespéridine) pour limiter l'œdème des membres inférieurs, une solution d'électrolytes pour améliorer la rétention hydrique, le magnésium sous forme citrate comme soutien osmotique du transit et un probiotique multi-souches pour réduire le temps de transit intestinal. Le niveau de preuve global est modéré : ces mesures peuvent améliorer le confort du voyage, elles ne préviennent pas à elles seules une thrombose veineuse et ne remplacent pas un avis médical.

Wilfried LAUNAY
Wilfried LAUNAY
Auteur
Niveau de preuve : Modéré · 🗓️ Mis à jour le 15 août 2026 · version 1.1
⚕️ Information, pas prescription. Ce protocole ne remplace pas une consultation médicale. Demandez l'avis d'un professionnel de santé, surtout en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.

Huit heures et plus en classe économique, c'est une combinaison peu physiologique : position assise quasi continue, genoux fléchis qui compriment le retour veineux, humidité relative de la cabine souvent inférieure à 20 %, pressurisation équivalente à une altitude de 1 800 à 2 400 mètres, repas et sommeil décalés. Les conséquences sont banales mais gênantes : chevilles et mollets qui gonflent (l'augmentation du volume de la jambe pendant un long vol est un phénomène mesuré), muqueuses sèches et pertes hydriques insensibles augmentées, ralentissement du transit favorisé par l'immobilité, le report volontaire du passage aux toilettes et la modification des horaires de repas, enfin une désynchronisation de l'horloge interne responsable de la fatigue d'arrivée. Aucun complément ne supprime ces contraintes. En revanche, quelques ingrédients disposent de données cliniques exploitables sur trois cibles précises : l'œdème veineux, le recalage circadien et le temps de transit intestinal. Ce protocole les présente avec leur posologie, leur fenêtre d'utilisation et leurs limites, en rappelant que les mesures mécaniques (marcher toutes les 2 heures, contractions des mollets, bas de compression classe 1, boire régulièrement) restent la base et que tout gonflement douloureux d'un seul mollet impose un avis médical rapide.

Pourquoi ce protocole ?

La recherche d'informations sur ce sujet renvoie surtout des listes de conseils génériques ou des produits « détox voyage » sans dosage utile, alors que les questions concrètes sont précises : quoi prendre, à quelle dose, à quel moment par rapport au décollage et à l'heure locale d'arrivée. Ce protocole trie les ingrédients selon la cible physiologique visée (œdème veineux, hydratation, transit, rythme circadien) et donne une chronologie d'utilisation, de la veille du départ aux jours suivant l'arrivée. Il précise aussi ce qui relève du confort et ce qui ne relève pas du complément alimentaire, notamment la prévention du risque thrombotique, qui reste du domaine médical.

Pourquoi ces compléments ont été sélectionnés ?

Trois critères ont guidé la sélection : l'existence d'essais cliniques chez l'humain sur la cible concernée, une tolérance compatible avec un usage ponctuel de quelques jours, et une logique de non-redondance. La mélatonine à faible dose est retenue parce qu'elle est l'intervention la mieux documentée sur les symptômes du décalage horaire. Le Pycnogénol et les veinotoniques (escine du marron d'Inde, fraction flavonoïque purifiée diosmine-hespéridine) ciblent la perméabilité capillaire et le tonus veineux, avec des données d'essais soit spécifiques au contexte aérien, soit issues de l'insuffisance veineuse chronique ; un seul veinotonique suffit, ils ne se cumulent pas. Les électrolytes sont proposés parce que la présence de sodium améliore la rétention du liquide ingéré, ce qui est plus pertinent que de boire de grandes quantités d'eau pure. Pour le transit, le magnésium citrate agit par effet osmotique dès la prise, et un probiotique multi-souches peut réduire le temps de transit sur plusieurs jours : les deux approches ont des cinétiques différentes et se complètent. Les ingrédients à visée « détox » ou diurétique ont été écartés faute de plausibilité et de preuve.

1

Mélatonine

Preuve Solide
FormeComprimé ou spray sublingual à libération immédiate, 0,5 à 3 mg
Dose0,5 à 3 mg (commencer par la dose la plus faible efficace ; ne pas dépasser 5 mg)
Fréquence1 prise par jour
MomentÀ l'heure du coucher souhaitée dans le fuseau horaire de destination, le soir de l'arrivée puis les soirs suivants ; utile surtout pour les vols franchissant 5 fuseaux ou plus, en particulier
Durée1 à 4 jours consécutifs après l'arrivée

La mélatonine est l'hormone qui signale l'obscurité à l'horloge interne. Prise le soir à l'heure locale de destination, elle peut avancer ou retarder la phase circadienne et accélérer la resynchronisation. La revue systématique Cochrane portant sur des essais chez des voyageurs et des équipages conclut à une réduction cliniquement pertinente des symptômes de décalage horaire (fatigue diurne, difficulté d'endormissement) par rapport au placebo, les doses faibles à modérées étant aussi efficaces que les doses élevées. L'effet porte sur le confort et la qualité du sommeil, pas sur les autres symptômes du vol. Le niveau de preuve est correct sur cette indication, avec une hétérogénéité de protocoles. En France la mélatonine est disponible en complément alimentaire jusqu'à 1,9 mg par prise ; les dosages supérieurs relèvent du médicament.

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2

Extrait d'écorce de pin maritime (Pycnogenol)

Preuve Modéré
FormeExtrait standardisé d'écorce de Pinus pinaster, gélules de 50 à 100 mg
Dose100 à 200 mg avant le décollage, puis 100 à 200 mg pendant le vol (total 300 à 500 mg réparti sur la journée du vol)
Fréquence2 à 3 prises le jour du vol
MomentPremière prise 2 à 3 heures avant le décollage, prises suivantes pendant le vol, avec un verre d'eau et un peu de nourriture
DuréeLe jour du vol, éventuellement prolongé au lendemain matin

Les procyanidines oligomériques de l'écorce de pin maritime agissent sur la perméabilité capillaire et le tonus de la paroi veineuse, mécanisme cohérent avec l'œdème de stase observé après plusieurs heures d'immobilité assise. Des essais contrôlés conduits par l'équipe de Belcaro spécifiquement chez des passagers de vols longs rapportent une moindre augmentation du volume de la jambe et de la circonférence de la cheville, ainsi que moins d'événements thrombotiques superficiels par rapport au groupe témoin. Ces travaux constituent la donnée la plus directement transposable au contexte aérien, mais ils proviennent d'un nombre restreint d'équipes et de centres, ce qui limite le niveau de preuve à modéré. À considérer comme une mesure de confort veineux, en aucun cas comme une prévention de la thrombose veineuse profonde chez une personne à risque, situation qui relève du médecin.

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3

Extrait de marron d'Inde (escine)

Preuve Modéré
FormeExtrait de graines d'Aesculus hippocastanum standardisé en escine, gélules ou comprimés
DoseÉquivalent de 50 mg d'escine, 2 fois par jour (soit 100 mg d'escine par jour)
Fréquence2 prises par jour
MomentAu cours des repas, en commençant la veille du vol
Durée3 à 5 jours autour du vol (veille, jour du vol, 1 à 3 jours après)

L'escine réduit la fuite de liquide du capillaire vers les tissus et améliore le tonus veineux. La revue systématique Cochrane consacrée à l'extrait de graines de marron d'Inde dans l'insuffisance veineuse chronique conclut à une réduction du volume de la jambe, de la circonférence de la cheville et des sensations de lourdeur et de douleur par rapport au placebo, avec une bonne tolérance sur des durées courtes. La transposition à l'œdème postural du vol long-courrier reste indirecte : le mécanisme est le même (stase veineuse orthostatique prolongée), mais les essais n'ont pas été conduits en cabine. C'est une alternative au Pycnogénol, pas un complément à cumuler avec lui.

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4

Fraction flavonoïque purifiée (diosmine + hespéridine)

Preuve Modéré
FormeComprimés de fraction flavonoïque micronisée (450 mg de diosmine + 50 mg d'hespéridine par comprimé)
Dose500 à 1 000 mg par jour
Fréquence1 à 2 prises par jour
MomentAu moment des repas, à partir de la veille du départ
Durée3 à 5 jours autour du vol

La fraction flavonoïque micronisée est le veinotonique le mieux étudié dans la maladie veineuse chronique. La méta-analyse d'essais randomisés en double aveugle contre placebo rapporte une amélioration des symptômes de lourdeur, de la douleur et de l'œdème de cheville, avec un profil de tolérance favorable (troubles digestifs légers principalement). Comme pour l'escine, les données concernent la pathologie veineuse chronique et non spécifiquement le vol, ce qui impose de rester prudent sur l'ampleur du bénéfice attendu chez un passager sans insuffisance veineuse. Option intéressante pour les personnes ayant déjà des jambes lourdes au quotidien. Ne pas associer à l'escine ou au Pycnogénol : choisir un seul veinotonique.

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5

Solution d'électrolytes (sodium, potassium, magnésium)

Preuve Faible
FormeSachet ou pastille effervescente d'électrolytes, ou solution de réhydratation orale, apportant environ 300 à 500 mg de sodium par dose
Dose1 dose diluée dans 500 mL d'eau, 2 à 3 fois pendant le vol
Fréquence2 à 3 fois le jour du vol
MomentUne dose au décollage, puis toutes les 3 à 4 heures ; compléter avec de l'eau plate à volonté
DuréeLe jour du vol et le jour de l'arrivée

L'air de cabine est très sec et les pertes hydriques insensibles par la respiration et la peau augmentent, alors que l'accès aux boissons est limité et que l'alcool et le café consommés à bord majorent la diurèse. Boire de grandes quantités d'eau pure n'est pas la stratégie la plus efficace : les travaux sur l'index d'hydratation des boissons montrent que la présence de sodium et de glucides en faible concentration réduit la production d'urine sur les heures qui suivent et améliore donc la rétention du liquide ingéré. L'application au contexte aérien est extrapolée à partir de données de physiologie de l'hydratation, d'où un niveau de preuve limité, mais le rapport bénéfice/risque est bon et l'apport hydrique aide aussi le transit. Attention : chez une personne sensible, un apport sodé élevé peut au contraire accentuer la sensation de gonflement des chevilles ; s'en tenir à des dosages modérés.

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6

Magnésium (citrate ou oxyde)

Preuve Modéré
FormeCitrate de magnésium (mieux toléré) ou oxyde de magnésium, gélules ou poudre
Dose200 à 400 mg de magnésium élément par jour, à ajuster selon la réponse du transit
Fréquence1 à 2 prises par jour
MomentLe soir, avec un grand verre d'eau ; débuter la veille du départ
Durée2 à 5 jours autour du vol

Les sels de magnésium peu absorbés exercent un effet osmotique intraluminal qui ramollit les selles et facilite l'évacuation, mécanisme utile quand l'immobilité, le décalage des repas et la retenue volontaire ralentissent le transit en voyage. Des essais randomisés contre placebo dans la constipation chronique montrent une augmentation de la fréquence des selles et une amélioration de la consistance avec l'oxyde de magnésium, à des doses proches de celles utilisées en complémentation. Le citrate est généralement mieux toléré au niveau digestif. La dose doit être individualisée : trop élevée, elle provoque des selles liquides, ce qui est particulièrement inconfortable en vol. Contre-indiqué en cas d'insuffisance rénale.

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7

Probiotique multi-souches (Bifidobacterium lactis, Lactobacillus spp.)

Preuve Modéré
FormeGélules ou sachets, souches documentées type Bifidobacterium lactis HN019 ou BB-12, Lacticaseibacillus rhamnosus
Dose1 à 10 milliards d'UFC par jour
Fréquence1 prise par jour
MomentLe matin, à jeun ou avec le petit-déjeuner selon les recommandations du produit
Durée3 à 5 jours avant le départ, puis pendant 1 à 2 semaines après l'arrivée

Le voyage modifie l'alimentation, les horaires et le microbiote, ce qui participe au ralentissement du transit ressenti après un long vol. La méta-analyse d'essais randomisés de Miller et Ouwehand rapporte une réduction moyenne du temps de transit intestinal total d'environ 12 heures sous probiotiques, l'effet étant plus marqué chez les sujets constipés et avec les bifidobactéries. La méta-analyse de Dimidi et collègues confirme une augmentation modeste de la fréquence des selles et une amélioration de leur consistance dans la constipation fonctionnelle. Les effets sont réels mais de faible ampleur et dépendants de la souche : il faut une prise régulière commencée avant le départ, pas une prise unique le jour du vol. Tolérance habituellement bonne chez l'adulte immunocompétent.

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Compléments populaires écartés (et pourquoi)

Psyllium et fibres de lest le jour du vol

Les fibres solubles ont de bonnes données sur la constipation chronique, mais elles exigent un apport hydrique important pour fonctionner. En cabine, où l'accès à l'eau est limité et l'air très sec, elles risquent d'accentuer ballonnements et inconfort abdominal, voire de durcir la situation. Utiles éventuellement dans les jours qui précèdent et qui suivent le vol, avec beaucoup d'eau, mais pas pendant le trajet.

Plantes diurétiques (pissenlit, queue de cerise, thé vert concentré, « détox jambes »)

L'œdème du vol est un œdème de stase postural, pas une rétention hydrosodée par excès de volume. Augmenter la diurèse dans un environnement déjà déshydratant est contre-productif et peut aggraver la fatigue et la constipation. Les preuves cliniques d'efficacité sur ce type d'œdème sont absentes.

Vitamine E à haute dose pour « fluidifier » la circulation

Souvent proposée pour la circulation en avion, elle n'a pas démontré d'effet sur l'œdème ni sur le risque thrombotique lié au voyage, et à doses élevées elle peut majorer le risque hémorragique, notamment avec les anticoagulants et antiagrégants. Le rapport bénéfice/risque est défavorable.

Charbon végétal activé et compléments « anti-ballonnement » en cabine

Peu de données sur la distension abdominale liée à la baisse de pression en cabine, aucun effet sur la constipation, et un vrai inconvénient : le charbon adsorbe les médicaments et les autres compléments pris dans le même créneau horaire, y compris une contraception orale.

Caféine à dose élevée et boissons énergisantes contre la fatigue d'arrivée

La caféine améliore la vigilance à court terme mais retarde l'endormissement et fragmente le sommeil, ce qui entretient la désynchronisation circadienne au lieu de la corriger. Elle augmente aussi la diurèse à fortes doses. Un usage stratégique le matin local reste possible, mais ce n'est pas un axe de protocole.

Pour qui ce protocole n'est PAS adapté

  • Femmes enceintes ou allaitantes : mélatonine, marron d'Inde, fraction flavonoïque et Pycnogénol ne disposent pas de données de sécurité suffisantes dans ce contexte, et le voyage aérien prolongé pendant la grossesse nécessite un avis médical spécifique.
  • Personnes ayant un antécédent de thrombose veineuse profonde, d'embolie pulmonaire, un cancer actif, une chirurgie récente, une thrombophilie connue ou sous anticoagulant : la prévention du risque thrombotique en vol relève d'une prescription médicale (compression médicale adaptée, éventuellement traitement), pas d'un complément alimentaire.
  • Insuffisance rénale, même modérée : le magnésium supplémenté et les solutions d'électrolytes exposent à un risque d'accumulation ; avis médical indispensable.
  • Insuffisance cardiaque, hypertension mal contrôlée ou régime pauvre en sodium : les sachets d'électrolytes apportent du sodium et ne conviennent pas sans validation médicale.
  • Immunodépression, cathéter central, pancréatite aiguë ou intestin très fragilisé : les probiotiques ne sont pas recommandés dans ces situations.
  • Enfants et adolescents, ainsi que les personnes épileptiques, asthmatiques sévères ou sous anticoagulants, immunosuppresseurs, antidiabétiques ou antihypertenseurs, pour lesquelles une interaction est possible avec la mélatonine ou les extraits végétaux.
  • Personnes attendant la disparition complète du décalage horaire ou la garantie d'absence de gonflement : ces mesures améliorent le confort, elles ne neutralisent pas les contraintes physiologiques d'un vol de plus de 8 heures.
  • Œdème persistant, unilatéral, douloureux ou apparu en dehors de tout voyage : il faut un diagnostic médical avant toute automédication.
Points d'attention
  • Un mollet gonflé d'un seul côté, chaud, douloureux, ou l'apparition d'un essoufflement ou d'une douleur thoracique dans les jours suivant le vol sont des signes d'alerte évoquant une thrombose ou une embolie : consulter en urgence, sans attendre.
  • Aucun complément de cette liste n'a démontré qu'il prévenait la thrombose veineuse profonde. Les mesures validées restent la mobilisation régulière (se lever toutes les 2 à 3 heures, contractions des mollets toutes les 30 minutes), l'hydratation, la modération de l'alcool et, selon le profil, les bas de compression.
  • Ne pas cumuler les veinotoniques : choisissez soit le Pycnogénol, soit l'escine du marron d'Inde, soit la fraction flavonoïque diosmine-hespéridine.
  • Marron d'Inde, Pycnogénol et flavonoïdes peuvent théoriquement majorer l'effet des anticoagulants et antiagrégants plaquettaires ; prudence et avis pharmaceutique en cas de traitement.
  • La mélatonine peut provoquer somnolence, céphalées ou rêves marquants. Ne pas conduire ni louer une voiture dans les heures suivant la prise. Prudence en cas d'épilepsie, de maladie auto-immune, de traitement par fluvoxamine (qui augmente fortement ses concentrations) ou par anticoagulant.
  • Le magnésium peut entraîner des selles molles. Testez la dose et la tolérance chez vous plusieurs jours avant le départ, jamais pour la première fois en vol.
  • Les compléments à base de charbon, le magnésium et les sels d'électrolytes peuvent réduire l'absorption de certains médicaments (hormones thyroïdiennes, antibiotiques de type cyclines et quinolones, bisphosphonates) : espacer les prises de 2 à 4 heures.
  • Vérifiez la réglementation du pays de destination pour les compléments transportés, gardez-les dans leur emballage d'origine et en bagage cabine.
  • Ce contenu est une information générale, il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien, en particulier en cas de pathologie, de grossesse ou de traitement en cours.

Questions fréquentes

Quand prendre la mélatonine pour un vol long-courrier ?

La logique est de la prendre à l'heure du coucher souhaitée dans le fuseau horaire d'arrivée, généralement le soir de l'arrivée puis 1 à 3 soirs de suite, à faible dose (0,5 à 1,9 mg en complément alimentaire). Elle est surtout utile au-delà de 5 fuseaux franchis, particulièrement vers l'est. La prise en vol n'a d'intérêt que si elle correspond déjà à la nuit locale de destination. Ne pas conduire après la prise et demander un avis médical en cas de traitement en cours.

Les compléments veinotoniques évitent-ils le gonflement des jambes en avion ?

Ils peuvent réduire la sensation de lourdeur et limiter l'augmentation du volume de la cheville, d'après des essais menés soit chez des passagers de vols longs pour l'extrait d'écorce de pin maritime, soit chez des patients atteints d'insuffisance veineuse chronique pour l'escine et la diosmine-hespéridine. L'effet est partiel et complémentaire des mesures mécaniques : marcher régulièrement, contracter les mollets, éviter de croiser les jambes, envisager des bas de compression classe 1.

Faut-il prendre des électrolytes ou simplement boire de l'eau ?

L'eau plate reste la base. L'ajout d'une petite quantité de sodium et de glucides améliore la rétention du liquide ingéré selon les travaux sur l'index d'hydratation des boissons, ce qui peut être utile sur un vol de 8 heures et plus dans un air très sec. Restez sur des dosages modérés : un excès de sodium peut accentuer la sensation de jambes gonflées, et il est déconseillé en cas d'hypertension ou de régime pauvre en sel.

Comment éviter d'être constipé pendant et après le voyage ?

Trois leviers se combinent : maintenir un apport hydrique régulier, bouger dès que possible et ne pas différer l'envie d'aller aux toilettes. Côté compléments, un sel de magnésium le soir agit rapidement par effet osmotique et un probiotique multi-souches, commencé quelques jours avant le départ, peut réduire le temps de transit selon les méta-analyses disponibles. Les fibres de type psyllium sont plus adaptées avant et après le vol qu'en cabine, car elles nécessitent beaucoup d'eau.

Ce protocole protège-t-il du risque de phlébite en avion ?

Non. Aucun de ces compléments ne doit être considéré comme une prévention de la thrombose veineuse. Si vous avez des facteurs de risque (antécédent thrombotique, chirurgie récente, cancer, grossesse, contraception œstroprogestative, obésité, âge avancé, immobilité importante), parlez-en à votre médecin avant le départ : il évaluera l'intérêt d'une compression médicale ou d'un traitement.

Peut-on tout prendre en même temps ?

Non, et ce n'est pas utile. Un seul veinotonique le jour du vol, des électrolytes pendant le trajet, le magnésium le soir, le probiotique le matin et la mélatonine à l'heure du coucher local. Espacez le magnésium et les électrolytes de 2 à 4 heures de vos médicaments. Testez chaque produit avant le départ pour vérifier la tolérance.

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Sources scientifiques

  1. Senna Versus Magnesium Oxide for the Treatment of Chronic Constipation: A Randomized, Placebo-Controlled Trial, Morishita D, Tomita T, Mori S, et al. (2021) · consulter
  2. Magnesium Oxide in Constipation, Mori H, Tack J, Suzuki H (2021) · consulter
  3. Efficacy of micronized purified flavonoid fraction (Daflon) on improving individual symptoms, signs and quality of life in patients with chronic venous disease: a systematic review and meta-analysis of randomized double-blind placebo-controlled trials, Kakkos SK, Nicolaides AN (2018) · consulter
  4. A randomized trial to assess the potential of different beverages to affect hydration status: development of a beverage hydration index, Maughan RJ, Watson P, Cordery PA, et al. (2016) · consulter
  5. The effect of probiotics on functional constipation in adults: a systematic review and meta analysis of randomized controlled trials, Dimidi E, Christodoulides S, Fragkos KC, Scott SM, Whelan K (2014) · consulter
  6. Probiotic supplementation decreases intestinal transit time: meta-analysis of randomized controlled trials, Miller LE, Ouwehand AC (2013) · consulter
  7. Horse chestnut seed extract for chronic venous insufficiency, Pittler MH, Ernst E (2006) · consulter
  8. Prevention of venous thrombosis and thrombophlebitis in long-haul flights with pycnogenol, Belcaro G, Cesarone MR, Rohdewald P, et al. (2004) · consulter
  9. Micronised purified flavonoid fraction: a review of its use in chronic venous insufficiency, venous ulcers and haemorrhoids, Lyseng-Williamson KA, Perry CM (2003) · consulter
  10. Melatonin for the prevention and treatment of jet lag, Herxheimer A, Petrie KJ (2002) · consulter
  11. Comparative study to determine the optimal melatonin dosage form for the alleviation of jet lag, Suhner A, Schlagenhauf P, Johnson R, et al. (1998) · consulter
  12. Volume repletion after exercise-induced volume depletion in humans: replacement of water and sodium losses, Shirreffs SM, Maughan RJ (1998) · consulter

Pour aller plus loin

À propos de l'auteur

Wilfried LAUNAY
Wilfried LAUNAY
Coach en nutrition et santé préventive
Hormonologie fonctionnelle · Nutrition anti-inflammatoire · 12 ans d'expérience
Wilfried LAUNAY est analyste scientifique indépendant, expert en nutrition et santé préventive, spécialisé en hormonologie fonctionnelle et en alimentation anti-inflammatoire.

Fort de plus de 12 ans d’expérience dans l’accompagnement et la vulgarisation scientifique, il aide les personnes souffrant d’inflammation chronique à adopter une approche naturelle, holistique et fondée sur les preuves scientifiques. Ses travaux portent particulièrement sur l’inflammation, le vieillissement et l’optimisation de la longévité.

Auteur du best-seller " Le Guide Complet de l'Alimentation Anti-Inflammatoire (Thierry Souccar Éditions) ", il s’est formé en hormonologie fonctionnelle (DFM Formations) afin d’intégrer les principes de la nutrition fonctionnelle à la prise en charge des déséquilibres hormonaux, inflammatoires et métaboliques.

Il anime la chaîne YouTube " BMoove - La Chaîne Santé " (380 000 abonnés et 32 millions de vues) et intervient régulièrement comme conférencier et expert invité dans des podcasts et événements dédiés à la santé nutritionnelle et la longévité.
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